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EN BREF
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Dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette innove sur la ferme familiale en privilégiant l’herbe au lieu du maïs pour nourrir ses vaches laitières. Tout juste co-gérant avec son père, il introduit cette nouvelle approche pour améliorer la santé des sols et des animaux. Ses efforts visent également à réduire l’utilisation d’engrais azotés tout en augmentant la production laitière, avec des résultats significatifs en termes de durabilité agroécologique.
Dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette, tout juste installé sur la ferme familiale, fait figure de précurseur en révisant les pratiques agricoles traditionnelles. Au lieu de continuer le système intensif basé sur le maïs, il choisit d’introduire davantage d’herbe dans l’alimentation de ses vaches laitières. En concert avec son père Jean-Marc, Alexis met en œuvre des techniques innovantes visant à améliorer la durabilité de l’exploitation tout en assurant la santé de leurs animaux et la rentabilité de leur production laitière.
Une transition audacieuse vers une agriculture durable
Sur l’exploitation laitière de Fleurbaix, la ferme familiale des Burette n’est pas une exploitation comme les autres. Alexis, le premier des quatre enfants à prendre la relève de son père, veut se différencier. Plutôt qu de rester figé sur un système ancien, il décide d’introduire une rotation plus diversifiée dans les cultures. En réaction à l’augmentation des coûts des matières premières observée lors de la guerre en Ukraine, il comprend rapidement qu’il doit s’adapter.
Historiquement, les fermes laitières du secteur comptaient principalement sur le maïs pour l’alimentation des vaches, considéré comme une culture sécuritaire par Jean-Marc. Mais cette vision doit évoluer compte tenu des défis posés par le changement climatique. Enrichir le sol par des prairies temporaires permet non seulement de fournir une meilleure alimentation aux animaux, mais également de régénérer les terres. Au début de son aventure, Alexis affirme : « Le déclic a été au moment de la guerre en Ukraine. »
Enherber pour désherber : une technique ancestrale revisité
Alexis évoque avec ironie l’adage : « Enherber pour désherber. » Cette technique, bien que déjà mise en pratique par nos aînés, trouve une place prépondérante dans l’exploitation moderne. En intégrant des prairies temporaires, il permet aux familles de vaches laitières de bénéficier d’une ration plus diversifiée. Ainsi, il observe une nette amélioration de la qualité de son maïs. « Notre maïs après la prairie a été notre plus beau maïs », souligne-t-il avec fierté.
Une démarche innovante d’agriculture conservatoire
La mise en place de cette méthode n’est pas un coup de tête. Alexis sait bien qu’il doit s’entourer des meilleures compétences pour mener à bien ses expérimentations. Il collabore ainsi avec un agronome, Alfred Gässler, qui l’assiste dans l’optimisation de la ration alimentaire et dans la gestion de la santé des sols. La santé de l’animal, liée à celle du sol, devient une priorité. « Nous avons encore beaucoup de maïs dans la ration, l’objectif est de le diminuer », déclare-t-il, conscient de l’importance d’atteindre une autonomie alimentaire.
Des échanges enrichissants entre éleveurs
Afin de se maintenir à la pointe des pratiques agroécologiques, Alexis profite des discussions avec un groupe d’éleveurs sur WhatsApp. Le partage et l’échange d’idées sur les itinéraires techniques lui permettent d’ajuster ses choix d’espèces et de variétés, en vue de favoriser un meilleur rendement. « On en est à notre troisième essai sur les mélanges prairiaux », explique-t-il. Il est clair que l’esprit d’expérimentation est fortement ancré dans la philosophie de la famille Burette.
Un engagement envers la réduction des gaz à effet de serre
Faisant écho aux préoccupations environnementales contemporaines, Alexis et Jean-Marc Burette s’engagent à réduire les gaz à effet de serre sur leur exploitation. Grâce à leurs efforts, ils ont réussi à obtenir une baisse significative de 20%. « J’ai fait un bilan Cap2ER en 2015 et cela m’a incité à changer mes pratiques », confie Jean-Marc. Cela comprend la réduction de l’âge au vêlage et une meilleure valorisation des ressources disponibles comme le fumier. Chaque geste compte pour assurer un avenir durable.
L’importance d’une bonne gestion des ressources
Jean-Marc n’a pas seulement opéré des changements superficiels. Il a pris la décision d’investir dans un localisateur d’engrais, ce qui lui a permis de réduire ses doses de 30% en ajustant les produits en fonction de la culture. Cette décision, jumelée à celle d’arrêter le labour en faveur des techniques d’agriculture de conservation, a transformé la manière dont la ferme Burette fonctionne.
Un objectif commun : la santé des vaches
Le cœur du projet familial reste cependant la santé des vaches. Moins d’interventions vétérinaires et des animaux qui vivent plus longtemps sont des objectifs clés d’Alexis. En intégrant l’herbe dans la ration, il constate des résultats prometteurs, avec une augmentation de 1000 litres de lait par vache en un an. C’est une belle réussite qui montre que le changement, même s’il demande des efforts, peut mener à des résultats tangibles.
Une offre bancaire innovante pour soutenir l’agroécologie
Les différents efforts adoptés par la ferme ont permis à Alexis Burette de bénéficier d’un prêt à taux préférentiel grâce à l’offre « Transition+ » du Crédit Agricole Nord de France. Ce soutien bancaire, destiné aux agriculteurs soucieux d’adopter des pratiques durables, témoigne d’un élan général vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Cela lui a permis de financer une partie de son installation, avec un indice de régénération mesurable aidant à justifier cet investissement.
Une vision d’avenir portée par la famille Burette
Alexis Burette ne fait pas que gérer une ferme, il assume également une responsabilité vis-à-vis des générations futures. En favorisant des pratiques agricoles durables, il forge un chemin pour d’autres agriculteurs et prépare le terrain pour l’avenir de la grogne laitière dans le Pas-de-Calais. « C’est une grande fierté de pouvoir transmettre », confie son père, Jean-Marc. L’avenir s’annonce radieux dans un paysage en constante évolution.
La valorisation des méteils et l’importance des recherches
Dans un contexte où la pression sur les ressources alimentaires est élevée, Alexis Burette mise sur les méteils, des mélanges de cultures tels que le trèfle violet, qui permettent d’enrichir les sols tout en apportant une ration nourrissante aux vaches. Le recours à des pratiques rassemblant à la fois innovation et respect de l’environnement lui permet de rester connecté aux exigences d’un marché en pleine mutation.
Les essais de mélanges de prairies sont suivis de manière rigoureuse, chaque dépense et chaque économie sont notées par sa sœur, Célestine, qui collabore étroitement sur ce point. Ensemble, ils veillent à ce que chaque choix fait autour de l’exploitation soit basés sur des données tangibles et des calculs justes, majorant ainsi les résultats finaux de leur production.
Une dynamique familiale renforcée
Avec l’installation d’Alexis, l’avenir de la ferme est plus que jamais à l’ordre du jour. Sa mère, Elisabeth, également salariée sur l’exploitation, témoigne du renouveau amené par cette génération. Le travail collaboratif au sein de la famille permet d’atteindre des résultats probants, favorisant une productivité durable.
Alexis n’a pas dit son dernier mot. Par ses choix audacieux, il redonne un sens à l’agriculture de demain : une agriculture où l’herbe prend toute sa place même dans des régions historiquement liées à la production de maïs. L’exemple de la famille Burette est une belle illustration que le lien entre tradition et modernité peut être harmonieux et bénéfique pour l’environnement, les animaux, et les exploitants eux-mêmes.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les ressources suivantes pour approfondir vos connaissances sur l’importance de l’herbe dans l’alimentation des vaches : L’ensilage d’herbe, Moins de maïs plus d’herbe, L’herbe et l’alimentation des herbivores, Le boeuf nourri à l’herbe, Éviter les excès d’azote.

Avis d’Alexis Burette sur l’alimentation des vaches
Dans le cadre de l’exploitation laitière familiale, Alexis Burette a pris un virage décisif dans la façon dont il nourrit ses vaches. En choisissant de privilégier l’herbe au lieu du maïs, il témoigne d’une volonté de renouvellement et d’adaptation aux enjeux actuels. Cette décision est le fruit d’une réflexion profonde, particulièrement marquée par la flambée des prix des matières premières due à la guerre en Ukraine.
« C’était le moment opportun pour revoir notre approche. Dans un système où nous n’avions que du maïs, il était devenu nécessaire d’intégrer des prairies temporaires. Enherber pour désherber est une technique qui a fait ses preuves », explique Alexis. Cette stratégie n’a pas seulement été bénéfique pour le bien-être des sols mais a également permis une réduction significative des adventices nuisibles. « Après trois ans de prairie, notre maïs a atteint des niveaux de qualité inégalés », se réjouit-il.
Pour Alexis, le changement ne s’arrête pas là. Avec le soutien de son père, Jean-Marc, qui est un fervent défenseur des fermes laitières bas carbone, il mise sur une autonomie protéique à travers diverses expérimentations. «Nous collaborons avec un agronome pour être mieux préparés face aux défis climatiques », précise-t-il. Les essais de mélanges prairiaux sont mis en œuvre avec l’objectif d’améliorer le volume et la qualité de la production fourragère.
La démarche adoptée par la famille Burette va au-delà de la simple recherche d’économies. Jean-Marc rappelle : « Pour nous, la santé des vaches est primordiale. En améliorant la santé des sols et des plantes, nous assurons le bien-être de nos animaux. » Le choix d’introduire davantage d’herbe a été fructueux, leur permettant de gagner 1000 litres de lait par vache en seulement un an, tout en réduisant les coûts de fonctionnement.
La ferme, qui produit 690.000 litres de lait grâce à un cheptel de 65 vaches, se transforme sous l’impulsion d’Alexis et de sa famille. L’objectif est clair: minimiser l’impact environnemental tout en optimisant la production. « Chaque décision prise compte pour l’avenir de notre exploitation », conclut Alexis avec détermination.
