Économie circulaire Pourquoi la Grèce reste en retard dans le recyclage : euronews décrypte son recours persistant à l’enfouissement des déchets

Pourquoi la Grèce reste en retard dans le recyclage : euronews décrypte son recours persistant à l’enfouissement des déchets

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EN BREF

  • 79 % des déchets en Grèce sont encore enfouis.
  • Taux de recyclage inférieur à 17 %, l’un des plus bas d’Europe.
  • Absence de mesures dissuasives comme des taxes ou des amendes.
  • Enfouissement considéré comme solution économique.
  • Idée des citoyens que les déchets disparaissent sans impact.
  • Problèmes critiques en Attique, avec un taux de recyclage de 15 %.
  • Exemple positif de Tilos avec un programme de zéro déchet.
  • Appels à un meilleur contrôle et à des sanctions pour les entreprises non conformes.
  • Objectif de l’UE de recycler au moins 70 % des déchets d’ici 2030.

Malgré des investissements massifs dans les infrastructures de recyclage et de nombreuses campagnes de sensibilisation, la Grèce demeure en retard concernant la gestion de ses déchets. Environ 79 % des déchets sont encore enfouis, avec un taux de recyclage d’à peine 17 %, l’un des plus bas d’Europe. La présidente de l’Association des industries et entreprises de recyclage, Lena Belsi, attribue ce retard à l’absence de mesures dissuasives telles que des taxes, et à une mentalité des citoyens qui considèrent leurs déchets comme disparus une fois sortis de chez eux. En particulier, la région d’Athènes fait face à une crise aiguë en matière de gestion des déchets, avec une dépendance extrême aux décharges, notamment à celle de Fili, saturée depuis des décennies.

En dépit des milliards d’euros investis dans les infrastructures de recyclage en Grèce et de nombreuses campagnes de sensibilisation, le pays continue de faire face à des défis considérables dans la gestion de ses déchets. L’enfouissement apparaît comme la solution la plus simple et moins coûteuse, et jusqu’à 79 % des déchets grecs sont éliminés de cette manière. Ce texte, inspiré d’une analyse d’Euronews, se penche sur les raisons qui expliquent ce retard flagrant dans le recyclage en Grèce, tout en mettant en lumière des exemples de réussites et l’urgence d’une transition vers une économie circulaire.

Un système de recyclage sous-exploité

La Grèce possède un système de collecte des déchets relativement bien développé, avec de nombreux conteneurs pour trier différents types de matériaux, allant des emballages plastiques aux vêtements usagés. Malgré cela, le taux de recyclage demeure désespérément bas, atteignant à peine 17 %, l’un des niveaux les plus faibles d’Europe. Le contraste entre le potentiel d’infrastructure et le taux de recyclage effectif est frappant et soulève des questions sur l’efficacité des mesures actuellement en place.

Les infrastructures de collecte

Les villes grecques regorgent de dispositifs destinés à faciliter le recyclage. De nombreux commerces ont également mis en place des conteneurs pour collecter les piles et appareils électriques. Ces efforts visent à inciter les citoyens à trier leurs déchets et à réduire la quantité envoyée à la décharge. Cependant, l’adoption de ces infrastructures n’a pas été suffisante pour provoquer un changement de mentalité chez la population.

Un manque de mesures dissuasives

La présidente de l’Association des industries et entreprises de recyclage et de valorisation énergétique (SEPAN), Lena Belsi, souligne que le manque de mesures dissuasives est l’une des principales raisons du faible taux de recyclage. En l’absence de taxes ou d’amendes spécifiques pour l’enfouissement, cette méthode reste la plus abordable et attrayante pour les ménages et les entreprises. En comparaison avec d’autres pays de l’UE, où les taxes d’enfouissement peuvent atteindre plus de 100 euros la tonne, la Grèce semble lourdement désavantagée.

La mentalité des citoyens grecs

Au-delà des infrastructures, la mentalité des citoyens joue un rôle crucial dans la gestion des déchets. Selon Lena Belsi, de nombreux Grecs ont une perception très spécifique de l’élimination des déchets. Ils sortent leurs ordures et pensent qu’elles disparaissent, sans se soucier des conséquences environnementales de l’enfouissement. Cette déconnexion avec le cycle des déchets contribue à la persistance de cette méthode polluante.

Une responsabilité partagée

Il est essentiel de souligner que cette mentalité ne se limite pas uniquement aux citoyens. Les entreprises jouent également un rôle dans ce cycle. La responsabilité collective est fondamentale pour réussir à améliorer le taux de recyclage. Les entreprises doivent être conscientes de leurs obligations en matière de gestion des déchets et se voir imposer des contrôles stricts sur le respect des obligations de recyclage. Un changement de culture au sein des entreprises est primordial si l’on souhaite inverser la tendance actuelle.

Problèmes spécifiques à l’Attique

La région de l’Attique, notamment Athènes, représente une situation particulièrement critique. Malgré les efforts entrepris dans d’autres régions, le problème des déchets reste l’un des plus pressants de la capitale. La décharge de Fili, en activité depuis plus de vingt ans, accapare environ 90 % des déchets de l’Attique et est désormais saturée. Cette situation est alarmante et crée une impasse qui nécessite des solutions innovantes.

Urgence d’infrastructures modernes

L’urgence d’implémenter des projets d’infrastructures modernes pour la valorisation des déchets est cruciale pour le développement d’une économie circulaire. Les retards dans la mise en place de nouvelles stations d’épuration, combinés à un système du recyclage défaillant, font de l’Attique l’un des points névralgiques de la crise des déchets en Grèce. Les autorités doivent agir rapidement pour éviter une crise de gestion des déchets à court terme.

Civilisation circulaire et Exemplaires de réussite

Malgré les nombreux défis, il existe des exemples de réussites, illustrant qu’un changement de mentalité et d’infrastructure est possible. L’île de Tilos, par exemple, a adopté le programme « Objectif Zéro », qui lui a permis de réduire ses déchets à presque rien grâce à des pratiques de tri à la source, réemploi et compostage. Ce modèle innovant démontre qu’il est possible d’atteindre des objectifs ambitieux en matière de recyclage.

Leçons à tirer des succès isolés

Bien que des exemples comme celui de Tilos soient prometteurs, ils sont encore trop isolés pour provoquer un changement massif au niveau national. D’autres îles, comme Antiparos, Alonissos, Paros et Naxos, explorent également des initiatives similaires, mais ces efforts demeurent souvent à un stade pilote. Pour catalyser un changement significatif, il est impératif de tirer des leçons de ces réussites et de les adapter à la réalité de la Grèce continentale.

Vers une meilleure gestion des déchets

L’Association des industries et entreprises de recyclage appelle le gouvernement grec à simplifier et à accélérer les procédures d’agrément des ateliers de recyclage. La mise en place de contrôles plus stricts concernant le respect des obligations de recyclage par les entreprises, accompagnée de sanctions pour les contrevenants, est un enjeu incontournable pour améliorer le taux de collecte et de valorisation des déchets. Ces mesures pourraient inciter à une re-valorisation des déchets largement sous-exploitée.

Objectifs européens

En réponse à ces défis, l’UE s’est fixée des objectifs clairs : recycler au moins 70 % de tous les déchets d’ici 2030. Pour la Grèce, cet objectif semble ambitieux au regard des chiffres actuels. Il est donc essentiel que le pays redouble d’efforts pour se rapprocher de ces standards européens et respecter ses engagements en matière de développement durable.

En conclusion, la Grèce fait face à une multitude de défis en matière de gestion des déchets et de recyclage, allant d’une mentalité encore ancrée à une absence de mesures incitatives pour changer les comportements. Alors que certains exemples de réussites émergent, il est clair qu’un effort collectif est nécessaire pour surmonter ces obstacles et construire une société où l’économie circulaire et la durabilité sont au cœur des préoccupations.

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Pourquoi la Grèce reste en retard dans le recyclage

Malgré des investissements considérables dans les infrastructures de recyclage et de nombreuses campagnes de sensibilisation, la Grèce maintient encore un taux de recyclage désespérément bas. Avec un chiffre atteignant à peine 17 %, le pays se classe parmi les plus faibles de l’Europe en matière de recyclage. Ce contraste flagrant soulève de nombreuses questions sur les raisons de ce retard.

Lena Belsi, présidente de l’Association des industries et entreprises de recyclage et de valorisation énergétique (SEPAN), met en lumière deux raisons principales derrière ce phénomène. La première réside dans l’absence de mesures disssuasives adéquates. Actuellement, les taxes sur l’enfouissement des déchets en Grèce se chiffrent à seulement 35 € la tonne, un montant bien inférieur à celui pratiqué dans d’autres pays européens, où les frais d’enfouissement dépassent souvent les 100 € la tonne. « Cela rend la solution de l’enfouissement plus simple et moins coûteuse », explique-t-elle.

En outre, la mentalité des citoyens grecs contribue également à la situation actuelle. De nombreux habitants se débarrassent de leurs déchets sans prendre conscience des conséquences environnementales de l’enfouissement. « Ils pensent que leurs déchets disparaissent simplement, alors qu’en réalité, leur accumulation dans des décharges nuit gravement à l’environnement », souligne Belsi.

À Athènes et dans sa région, le problème est particulièrement flagrant. L’Attique est accusée d’un grave retard dans la gestion des déchets. La décharge de Fili, en fonctionnement depuis plus de vingt ans, traite près de 90 % des déchets de la région et fait face à des préoccupations environnementales de plus en plus importantes. Malgré des tentatives de transition vers une économie circulaire, le recours à l’enfouissement demeure largement dominant.

Des exemples de réussite existent, comme l’île de Tilos qui a quasiment éliminé ses déchets grâce à un programme de tri et de compostage. Cependant, ces initiatives sont encore trop rares pour changer la donne au niveau national. L’Association des industries et entreprises de recyclage appelle l’État grec à simplifier les procédures de recyclage et à renforcer les contrôles pour assurer le respect des obligations de recyclage.

Sans des changements significatifs dans la gestion des déchets, notamment en Attique, la Grèce risque de continuer à être à la traîne dans le domaine du recyclage, mettant ainsi en péril son avenir environnemental.

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