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EN BREF
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Évaluation du bilan carbone de l’agriculture
Le secteur de l’agriculture joue un rôle crucial dans la transition bas carbone en France, représentant 18,7 % des émissions nationales de GES, avec un bilan de 74,2 MteqCO2 en 2022. Les émissions proviennent principalement de l’élevage, des cultures et des engins agricoles. Malgré des efforts pour respecter les budgets carbone, la mobilisation des acteurs est essentielle pour maintenir une trajectoire durable.
Les enjeux sont nombreux, allant des risques climatiques à des contraintes réglementaires telles que le bilan GES. Pour réduire les émissions, il est nécessaire de réviser les modèles de production et d’adopter des pratiques comme la réduction des engrais chimiques et l’augmentation des légumineuses.
Évaluation du bilan carbone de l’agriculture : données essentielles et pistes d’action
Le secteur de l’agriculture représente un défi majeur en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en France. Grâce à une meilleure compréhension de son bilan carbone, il est possible d’identifier des solutions durables pour contribuer à la transition bas carbone. Cet article explore en profondeur les données essentielles concernant le bilan carbone de l’agriculture, ses implications et propose des pistes d’action pour réduire les émissions.
Le bilan carbone de l’agriculture : données clés
D’après le rapport Secten 2024, le bilan carbone de l’agriculture et de la sylviculture s’élevait à 74,2 MteqCO2 en 2022, représentant 18,7 % de l’inventaire national des émissions de GES. Ce chiffre classe l’agriculture comme le deuxième secteur le plus polluant en France, juste derrière le transport, qui enregistre 131,2 MteqCO2.
Au sein de ce bilan, il est essentiel d’analyser les sous-secteurs qui contribuent le plus aux émissions. En 2022, la répartition était la suivante :
- 59,3 % des émissions étaient liées à l’élevage
- 26,5 % aux cultures
- 14,2 % aux engins, moteurs et chaudières
Il est également crucial de comprendre la nature des GES émis par le secteur. La majorité des émissions provient du méthane (56 %) et du protoxyde d’azote (29 %).
Les émissions exclues du bilan
Il faut noter que le bilan carbone de l’agriculture ne prend pas en compte certaines émissions, telles que :
- Les transports associés à l’agroalimentaire
- Les questions relatives au carbone des sols et de la biomasse
- Les émissions liées à la production d’intrants, notamment des engrais
- Les émissions issues de la production d’aliments importés, comme le soja pour l’alimentation animale
En outre, le secteur agroalimentaire est également exclu de cet inventaire et est comptabilisé dans le bilan carbone de l’industrie.
Enjeux de la transition bas carbone pour l’agriculture
Le changement climatique impose des défis importants pour les exploitations agricoles, notamment des risques physiques, technologiques et économiques. Dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas-Carbone, le secteur doit respecter un budget carbone indicatif qui évolue avec le temps :
- 82 MteqCO2 de moyenne annuelle pour 2019-2023
- 77 MteqCO2 pour 2024-2028
- 72 MteqCO2 pour 2029-2033
La conformité à ces objectifs est renforcée par diverses réglementations, telles que le bilan GES, qui doit être publié tous les quatre ans par certaines entreprises, y compris de grandes coopératives agricoles.
Impact des réglementations sur l’agriculture
Le cadre réglementaire en matière de reporting carbone devient de plus en plus rigoureux, impactant directement les exploitations agricoles, malgré leur faible nombre de salariés. Les grandes coopératives et entreprises agroalimentaires sont souvent concernées par des obligations de reporting.
Les agriculteurs peuvent également être sollicités pour fournir des estimations de leurs émissions, ce qui influence les stratégies des entités qui les emploient ou collaborent avec eux.
Prévention des risques liés à l’inaction climatique
Les conséquences du changement climatique ne peuvent être ignorées. Les acteurs du secteur agricole se trouvent confrontés à des risques variés, incluant :
- Vagues de chaleur
- Inondations et tempêtes
- Sécheresses prolongées
- Perte de terres dues à la hausse du niveau de la mer
Ces risques peuvent non seulement affecter le rendement des exploitations, mais également la qualité de leurs produits. Pour répondre à ces défis, une réduction significative des émissions de GES est cruciale.
Déterminer un bilan carbone dans le secteur agricole
Différentes méthodologies existent pour établir un bilan carbone, telle que la méthode Bilan Carbone®, le BEGES ou le GHG Protocol. Chaque méthode suit des principes de comptabilité carbone communs, permettant d’estimer les émissions et de formuler un plan de réduction.
Voici les étapes clés pour appliquer la méthode Bilan Carbone® :
- Définir la gouvernance du projet et analyser le niveau de maturité de l’organisation
- Identifier les périmètres organisationnels, opérationnels et temporels
- Préparer la mobilisation des parties prenantes avec des messages adaptés
- Collecter les données nécessaires et calculer le bilan carbone
- Élaborer un plan de transition pour réduire les émissions
- Restituer le rapport final et formuler des recommandations
- Évaluer la qualité du bilan par une tierce partie si souhaité
Des outils spécialisés tels que ClimAgri® ou le diagnostic ACCT-FNAB peuvent également être intégrés à cette démarche.
Réduction du bilan carbone dans l’agriculture
Pour diminuer le bilan carbone, il est essentiel de repenser les modèles de production. L’approche de land sparing vise à maximiser la productivité sur des surfaces réduites, tandis que le land sharing combine production agricole et conservation de la biodiversité.
Des mesures concrètes incluent :
- Réduire l’utilisation d’engrais minéraux de synthèse
- Augmenter la part de légumineuses dans les cultures
- Substituer des glucides par des lipides insaturés dans l’alimentation animale
- Encourager la méthanisation des déjections d’élevage
Ces pistes, bien que déjà établies par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) en 2013, restent pleinement d’actualité.
Réalisation du bilan carbone avec Hellio
Pour les coopératives agricoles et les entreprises agroalimentaires soucieuses d’évaluer leur bilan carbone, les experts d’Akéa Énergies, bureau d’études de Hellio, proposent un accompagnement complet. Nos consultants formés à la méthode Bilan Carbone® comprennent bien les enjeux spécifiques du secteur.
Nous offrons une assistance pour l’inventaire des émissions de GES et d’autres services, notamment :
- Le suivi de la méthode ACT (Accelerating Climate transition)
- Les audits énergétiques pour identifier les opportunités d’économies d’énergie
- La rédaction de stratégies de décarbonation à long terme
- Le suivi des consommations énergétiques via notre logiciel DeltaConso Expert
Quel que soit votre objectif, Hellio est là pour vous guider dans votre transition vers un modèle plus durable.
Pour plus d’informations sur l’évaluation du bilan carbone dans le secteur agricole, découvrez des ressources utiles comme le Guide Sectoriel de l’ADEME, ou inspirez-vous des success stories d’entreprises ayant réussi leur bilan carbone.

Témoignages sur l’Évaluation du bilan carbone de l’agriculture : données essentielles et pistes d’action
Anne, agricultrice biologique : « Quand j’ai commencé à réfléchir sur le bilan carbone de ma ferme, j’avais peu d’informations sur les émissions spécifiques liées à l’élevage et aux cultures. Grâce aux données fournies par les rapports, j’ai pu comprendre que l’élevage représentait 59,3 % de mes émissions. Cela m’a encouragée à explorer des pratiques agroécologiques pour réduire mon impact, comme l’intégration de plus de légumineuses dans mes cultures. »
Philippe, responsable d’une coopérative agricole : « L’évaluation de notre bilan carbone a été un tournant pour notre coopérative. En utilisant la méthode Bilan Carbone®, nous avons identifié des pistes d’action concrètes, comme réduire notre usage d’engrais minéraux de synthèse. Cela n’a pas seulement réduit nos émissions, mais a aussi amélioré la qualité de notre production. »
Claire, consultante en environnement : « Au cours de mes missions, je constate que de nombreuses exploitations agricoles sont encore dans l’ombre concernant leurs émissions de gaz à effet de serre. L’exclusion de certains facteurs, comme les transports liés à l’agroalimentaire, complique l’évaluation. Pourtant, il est essentiel d’avoir une vue d’ensemble pour agir efficacement. Une approche intégrée est primordiale. »
Jacques, ingénieur agronome : « Le changement climatique oblige l’agriculture à évoluer. Les normes comme celles de la Stratégie Nationale Bas-Carbone imposent un suivi rigoureux des émissions. J’ai eu la chance de travailler avec des agriculteurs qui ont pris au sérieux leur bilan carbone, et ils ont constaté des retours sur investissement significatifs grâce à une meilleure gestion des ressources. »
Sophie, membre d’une ONG sur la durabilité : « L’interaction entre l’agriculture et le changement climatique est indéniable. Les témoignages que je recueille montrent un nécessaire engagement des coopératives agricoles pour faire face aux défis environnementaux. Leurs efforts pour réduire les émissions de GES sont porteurs d’espoir et essentielles à la pérennité de nos systèmes alimentaires. »
