Développement durable La grande distribution réclame plus de transparence sur l’empreinte carbone des produits

La grande distribution réclame plus de transparence sur l’empreinte carbone des produits

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EN BREF

  • LESS : Une plateforme pour la décarbonation des chaînes d’approvisionnement.
  • Lancement : 12 novembre 2025 sous l’égide de la FCD et de Periphem.
  • Objectif : S’attaquer au scope 3 du bilan carbone, représentant 96% des émissions.
  • Requiert des données fiables des fournisseurs pour une meilleure coopération.
  • Collecte de données carbone à l’échelle de l’entreprise, en respectant le droit de la concurrence.
  • Acteurs impliqués : 150 participants à ce jour, potentiellement 6 000 fournisseurs à attirer.
  • Accès gratuit pour les fournisseurs sans bilan carbone initial.
  • Question de partage des coûts de décarbonation à aborder.
  • Comité des parties prenantes pour structurer le dialogue entre industriels et distributeurs.

Dans un contexte de prise de conscience environnementale, la grande distribution exige davantage de transparence concernant l’empreinte carbone des produits qu’elle commercialise. Une initiative a été lancée pour permettre aux fournisseurs, notamment ceux de l’amont agricole, de partager des données sur leurs émissions de gaz à effet de serre via une plateforme numérique dédiée. L’objectif est d’obtenir une meilleure coopération au sein des chaînes d’approvisionnement pour aborder le scope 3 des bilans carbone, qui représente 96 % des émissions indirectes. En rassemblant ces informations, les enseignes espèrent réduire leur impact environnemental et améliorer leur responsabilité sociale en matière de développement durable.

La grande distribution se trouve à un tournant crucial dans sa quête de durabilité. Alors que les préoccupations environnementales prennent de l’ampleur, les enseignes de la grande distribution pressent leurs fournisseurs pour qu’ils soient plus transparents concernant l’empreinte carbone des produits qu’ils vendent. Cette demande vise à établir des partenariats plus solides autour de la décarbonation des chaînes d’approvisionnement et à inciter les consommateurs à faire des choix plus éclairés.

L’initiative LESS : Vers une décarbonation active

En réponse à cette exigence croissante, la plateforme LESS, qui signifie « low emission sustainable sourcing », a été lancée le 12 novembre 2025. Sous l’égide de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et de Periphem, cette initiative représente une première étape vers la décarbonation des chaînes d’approvisionnement. Les fournisseurs, notamment ceux provenant du secteur agricole, ont maintenant la possibilité de documenter et de partager les chiffres de leur empreinte carbone via un support numérique unique. Cela renforce la nécessité d’informations fiables afin de mieux comprendre les impacts environnementaux des produits.

Le besoin d’aller plus loin : Focus sur le scope 3

Avoir réduit les émissions directes de gaz à effet de serre est une réalisation significative pour les neuf enseignes fondatrices du projet. Mais leur objectif va au-delà de cela : elles cherchent à s’attaquer au scope 3 de leur bilan carbone. Philippe Joguet, directeur du développement durable à la FCD, souligne l’importance d’un accès à des données précises pour mieux appréhender cette composante significative des émissions. En effet, une étude de McKinsey a révélé que le scope 3 représente 96 % de leur bilan carbone total, et que les trois quarts de ces émissions proviennent directement des produits eux-mêmes.

Les défis du recueil de données carbone

Initialement, les acteurs du projet aspiraient à collecter des données liées directement aux produits eux-mêmes, mais cette approche s’est rapidement heurtée à des défis pratiques. Carole Lejeune, responsable carbone et RSE à La Coopération Agricole, a souligné la maturité insuffisante des méthodes de calcul disponibles à l’industrie. Ainsi, la décision a été prise de recueillir des données carbone au niveau de l’ensemble des entreprises plutôt qu’à des niveaux de produit.

Les garanties offertes par la plateforme

Il est essentiel de mentionner que cette initiative respecte également le droit de la concurrence. Les entreprises peuvent choisir de partager leurs données carbone sur la plateforme, tout en gardant un contrôle sur la divulgation des informations. Philippe Joguet a noté que les enseignes n’auront accès aux données qu’en fonction du volume commercial contracté, garantissant ainsi une certaine protection pour les fournisseurs.

Pour assurer la sécurisation des échanges d’informations, la FCD a opté pour un « tiers de confiance » pour la gestion du logiciel. Le réseau d’échanges de données d’Open Climat a été sélectionné pour sa conformité aux attentes de la plateforme. Cela permet de garantir que les données partagées soient correctement gérées dans un cadre solide numériquement et juridiquement.

Un appel à l’action pour les fournisseurs

Aujourd’hui, 150 acteurs ont rejoint la plateforme LESS, mais plusieurs milliers de fournisseurs restent à intégrer dans cette démarche collaborative. La FCD estime qu’avec environ 6 000 fournisseurs pour chaque enseigne, l’opportunité d’expansion est significative. Pour encourager les fournisseurs à participer, les entreprises qui n’ont pas encore de bilan carbone peuvent rejoindre la plateforme gratuitement pour commencer. Cependant, une fois que ces sociétés décident de renseigner leurs données carbone, elles devront alors payer un droit d’accès basé sur leur chiffre d’affaires.

Cette dynamique vise à créer une large base de données qui permettra d’effectuer des comparaisons et des évaluations plus pertinentes et précises de l’empreinte carbone des différents produits.

Les coûts de la décarbonation : Un enjeu majeur

Un autre aspect essentiel de cette initiative réside dans la question du partage des coûts de décarbonation au sein des chaînes d’approvisionnement. Carole Lejeune a fait remarquer que même si la collecte des données est bénéfique, il est capital d’entamer une discussion concrète sur les coûts associés à la réduction des émissions de carbone. La Coopération Agricole estime que pour ses 2000 coopératives, une réduction de 25 % de leur impact carbone nécessiterait un investissement supplémentaire de 800 millions d’euros par an.

Le rôle du Comité des parties prenantes

Pour avancer efficacement, un Comité des parties prenantes a été mis en place, avec pour mission de structurer le dialogue entre les industriels et les distributeurs. Ce comité a également pour objectif de suivre les développements futurs du projet et de s’assurer que tous les acteurs concernés puissent contribuer activement à cette transition vers une grande distribution plus durable.

Face aux défis climatiques, la grande distribution doit répondre aux exigences croissantes des consommateurs en matière de transparence. En collaborant avec les fournisseurs pour établir un cadre commun d’évaluation et de communication de l’empreinte carbone des produits, le secteur pourrait jouer un rôle prépondérant dans la lutte contre le changement climatique. Les efforts conjugués en matière de données peuvent transformer la manière dont la société perçoit l’environnement et la durabilité au sein des chaînes d’approvisionnement. Des actions concrètes et des engagements collectifs sont la clé pour un avenir plus durable pour la grande distribution.

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Témoignages sur la transparence de l’empreinte carbone des produits

« En tant que consommateur, je ressens un besoin urgent de connaître l’empreinte carbone des produits que j’achète. Nous vivons une époque où la durabilité devrait être une priorité, et je pense que les enseignes de la grande distribution doivent jouer un rôle clé en fournissant cette information. Il est essentiel que les consommateurs puissent faire des choix éclairés, et cela commence par la transparence des données », partage Émilie, une cliente régulière des grandes surfaces.

Jean, un responsable de développement durable dans une grande enseigne de distribution, déclare : « Les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à travers notre chaîne d’approvisionnement sont importants, mais nous devons aller plus loin. La collecte de données fiables sur l’empreinte carbone des produits est primordiale. Il est non seulement de notre responsabilité d’informer les consommateurs, mais aussi de garantir que les fournisseurs collaborent avec nous sur ce sujet crucial. »

Sophie, une agricultrice et fournisseur, mentionne : « Nous avons besoin de plateformes comme LESS pour partager notre empreinte carbone. Cela nous permettrait d’être plus transparents avec les distributeurs et les consommateurs. Connaître l’impact environnemental de nos produits peut aider à rétablir la confiance et encourager une consommation plus responsable. »

Enfin, Thomas, un consultant en développement durable, ajoute : « Les grandes enseignes ont la capacité d’influencer la chaîne d’approvisionnement entière. En demandant plus de transparence sur l’empreinte carbone, elles ne font pas qu’améliorer leur image, elles participent activement à un changement collectif qui peut avoir des effets durables sur notre environnement. C’est une question de responsabilité sociale et environnementale ! »

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